1) L’effondrement de notre civilisation est un phénomène planétaire qui semble inéluctable à beaucoup, dont de plus en plus de scientifiques. 

Cette problématique s’inscrit dans une dimension planétaire et à ce titre, elle concerne l’Humanité tout entière dont la survie pourrait être remise en cause à l’orée de 2050, si aucune solution durable n’était apportée.

De plus en plus de voix s’élèvent pour alerter sur l’insoutenabilité de notre civilisation thermo-industrielle et sur son inéluctable effondrement à un horizon relativement proche qui se traduirait notamment par une décroissance de nos économies, la difficulté de plus en plus grande à couvrir ses besoins y compris ses besoins alimentaires, ce qui pourrait conduire à des catastrophes voire même la disparition de certaines espèces vivantes dont l’espèce humaine. 

De nombreux scientifiques et chercheurs indépendants s’accordent en effet à dire que la formidable expansion qu’a connue notre civilisation a été possible grâce à l’exploitation massive des ressources naturelles et en particulier des ressources fossiles. Cela a permis à l’Humanité de réaliser des progrès matériels considérables à moindre coût. 


Mais à ce jour, la contradiction à laquelle sont confrontées nos économies est de poursuivre leur croissance effrénée dans un monde physique fini lorsque cette croissance est étroitement dépendante de notre capacité à mobiliser des ressources naturelles et en particulier des ressources énergétiques. 

Or, les ressources naturelles sont de plus en plus rares voire même épuisées car le rythme de consommation est supérieur à leur rythme de renouvellement. 

Par ailleurs, le réchauffement climatique lié à l’exploitation massive des ressources fossiles a eu pour conséquence la destruction des équilibres écologiques et font craindre simultanément :

  • L’apparition de plus en plus fréquente de phénomènes catastrophiques liés directement au dérèglement climatique procédant du réchauffement de la planète menaçant la survie d’une partie importante de de la population mondiale.

  • Une chute de la croissance et à terme, des difficultés à satisfaire les besoins les plus élémentaires de l’Humanité.

2) … qui se pose à nous Caribéens de manière encore plus prégnante qu’ailleurs. 

Il nous semble important, dans ce contexte, de faire un focus particulier sur la situation des espaces insulaires Caribéens. Nos territoires sont exigus, nos économies sont fortement dépendantes des puissances économiques extérieures et ne peuvent, à alles seules, assurer la subsistance de leurs populations. 


Nos Régions sont par ailleurs soumises à des risques sismiques et climatiques de plus en plus dévastateurs, les terres et les mers sont infestées par un pesticide la chlordécone et l’invasion récente de sargasses rendent la vie difficile sur le littoral déjà largement impacté par l’anthropisation.

 

La montée des eaux conséquence du réchauffement climatique constitue une menace supplémentaire dans la mesure où nos économies sont organisées autour de l’espace littoral. La question de la sécurité alimentaire se pose plus qu’ailleurs avec encore plus d’acuité.

3) L’Homme est le seul responsable de cette situation et le seul à pouvoir y remédier s’il veut préserver l’Humanité. Dans ce contexte, quel rôle peut jouer le Droit Humain ?

L’action de l’Homme dans tous les domaines de la vie est devenue une menace pour la Nature et pour l’homme lui-même en tant qu’espèce. 


L’Humanité étant elle-même entièrement dépendante de la Nature pour sa survie, en la menaçant de destruction avec le réchauffement climatique, avec l’érosion des terres émergées, avec la surexploitation des ressources naturelles dont principalement les ressources fossiles, l’Homme devient une menace pour lui-même. 


Le risque que les terres émergées soient improductives à un horizon relativement proche est élevé. De plus en plus de scientifiques sont convaincus du caractère inéluctable de l’effondrement de notre civilisation thermo industrielle. Il s’agit donc, non plus d’œuvrer à éviter l’effondrement, mais de réfléchir à en atténuer les conséquences catastrophiques pour l’Humanité. 


De nombreuses solutions émergent mais force est de constater qu’elles sont inopérantes. Les solutions ou plus modestement l’ébauche de solutions proposées par les gouvernements résident toujours dans de nouvelles dispositions d’ordre économique, ou dans de nouveaux développements industriels.


Quelles qu’elles soient, elles se heurtent encore aujourd’hui aux enjeux du capitalisme (recherche constante du profit qui induit la mondialisation des économies, le développement du numérique et la surexploitation des ressources naturelles etc etc…), tandis que l’injustice sociale continue de s’accentuer, les ressources naturelles continuent de s’amoindrir et que les désordres climatiques causent de plus en plus de catastrophes naturelles et humanitaires (réfugiés climatiques, économique etc... )


Aucune des solutions politiques envisagées antérieurement, pas plus que celles prônées par le GIEC dans son récent rapport publié en Août 2019 pour préserver la Terre mère et garantir notre sécurité alimentaire ne nous semble de nature à enrayer cette longue marche vers la destruction de l’Humanité, si celle-ci ne renonce pas à sa quête incessante de l’Avoir, à ses appétits au détriment de l’Autre.


Les solutions ne sont donc t - elles pas aussi à rechercher ailleurs que dans l’économique ou le politique ?


Il existe de nombreuses solutions notamment en matière de développement durable mais aucune ne sera véritablement viable tant que l’Humain ne sera pas remis au centre de ces préoccupations, tant que l’Humain ne sera pas mis face à lui-même. Sans cela, l’Humanité court à sa perte. 


Les solutions ne sont donc pas à rechercher en dehors de l’Humain, sinon en lui-même. 


L’environnement de l’Homme lui est de plus en plus hostile et devient une menace pour lui. Il doit donc apprendre à construire un monde apaisé. L’Homme doit changer ses rapports à la Nature s’il veut préserver notre Humanité.

 

Toutes les solutions sont envisageables mais leurs effets resteront limités tant que les hommes n’auront pas compris qu’ils doivent passer d’une logique de l’Avoir à une logique de l’Etre. Ce nouveau monde ne pourra être construit sans une démarche initiatique individuelle et collective.
 

Conférence publique du Droit Humain Samedi 26 Octobre 2019 Morne Tartenson Fort de France  --                                                                  ADAMAS PRODUCTIONS 2019